Octobre chez Allais : regardons d’un peu plus près dans la lorgnette
À partir de 1892, lorsqu’il entre au Journal, Alphonse Allais y tient chronique presque sans discontinuer. La première, « Le Perroquet », paraît le 29 septembre 1892. La dernière, « La Faillite des centenaires », sera publiée le 20 octobre 1905. Entre ces deux dates, il aurait sans doute pu ajouter à ses séries du Mardi à travers les âges un chapitre tout trouvé : « Octobre à travers les âges ».
Car chez Allais, octobre n’est pas un simple mois du calendrier. C’est presque un résumé biographique.
Naître en octobre, publier en octobre, fonder en octobre, devenir père en octobre, mourir en octobre — et voir jusqu’aux siens quitter la scène au même mois : chez Alphonse Allais, le calendrier a parfois d’étranges fidélités.
Un octobre très allaisien — les initiés comprendront la nuance, entre rose, vert-pomme… et noir de circonstance.
Né un 20 octobre, disparu un 28 octobre, huit jours à peine séparent chez lui l’entrée en scène et la sortie — à cinquante et un ans, sept jours et trois quarts d’intervalle.
Cher Alphonse, toujours avant-gardiste, auriez-vous inventé là aussi le service deux-en-un ?
20 octobre 1854 : naissance d’Alphonse Allais.
10 octobre 1875 : la signature Allais auteur paraît pour la première fois dans Le Tintamarre.
11 octobre 1878 : fondation des Hydropathes.
24 octobre 1898 : naissance de Paulette, fille d’Alphonse.
28 octobre 1905 : décès d’Alphonse Allais.
16 octobre 1914 : décès de Rose Jeanne Mathilde « Jeanne Leroy Allais », sœur aînée d’Alphonse.
24 octobre 1927 : décès d’Alphonsine Vivien, mère d’Alphonse Allais, à 98 ans.
Il n’en fallait pas davantage pour qu’on choisît octobre comme mois d’inauguration du Nouveau Petit Musée d’Alphonse.
En grandes pompes, naturellement — chaque invité portant ce jour-là des chaussures d’une pointure largement supérieure à son habitude.
Mac Larinette pour allaisviens.fr

